La Mordorée – Octobre 2018

Une nouvelle saison va bientôt débuter ou a déjà commencé pour certains. Les bécassiers que nous sommes scrutent le ciel en espérant que les oracles de la météo leur soient favorables. Malheureusement, une fois de plus de nombreuses régions ont connu un été sec et les pluies se font toujours attendre.

Les conditions météorologiques concernant les lieux de nidification de la bécasse des bois sont suivies de près par les spécialistes du club. La commission météo conclut ainsi son bilan de la période de reproduction en écrivant : «  Les conditions météorologiques de la période de reproduction laissent donc entrevoir une fréquentation moyenne pendant la saison de chasse 2018-2019, avec de forts contrastes d’une région à une autre et pouvant présenter de fortes disparités à l’intérieur d’une même zone ».  

Les propos ne sont guère encourageants mais un excès de pessimisme ne saurait être encore d’actualité. L’année dernière, nous avons eu un âge ratio bas. Dans les années précédentes, le même phénomène s’était déjà produit à deux reprises. Les années qui ont suivi ont permis de retrouver un pourcentage jeunes/adultes correspondant aux normes habituelles. La bécasse a des ressources insoupçonnées qui ne cessent de nous étonner.

Néanmoins, nous savons tous que l’équilibre est fragile. Pour l’instant, l’espèce n’a pas eu à subir deux évènements climatiques, néfastes au bon état de conservation de ses populations, deux années d’affilées. Qu’en sera-t-il, demain, si ce devait arriver ? Les ressources de la bécasse seraient-elles suffisantes pour pallier les difficultés rencontrées ?

Le réchauffement climatique, dont les effets sont maintenant indéniables, influera sans doute, dans les années qui viennent,  sur le comportement migrateur de la mordorée. Nous devons anticiper sur les évènements et dès maintenant, il faut étudier ses effets sur notre oiseau.

Les commissions scientifiques préparent cette étude qui nous permettra d’évaluer l’impact du phénomène sur la vie de la bécasse des bois. Nous aurons besoin de l’ensemble des membres pour ce travail. Quand les grandes lignes de cette recherche seront précisées, nous ne manquerons pas de vous tenir au courant de l’avancement des travaux.

Nous aurons besoin des observations collectées sur le terrain. Chaque membre du Club National des Bécassiers doit se sentir porteur d’une mission, celle de participer, individuellement, à l’œuvre collective, par l’apport de ses données. Peser, sexer, rentrer ses sorties sur béc@note, fournir des ailes sont toujours d’actualité et ces actions ne sauraient faiblir.

Dans le passé, grâce au travail de tous, grâce à la collecte d’échantillons, nous avions pu prouver que la bécasse ne rentrait pas en phase de reproduction avant la dernière décade de février et ainsi maintenir sa chasse jusqu’au 20 de ce mois.

Aujourd’hui, la mobilisation doit rester la même pour cette nouvelle étude. Cela nous permettra de mieux connaître l’oiseau pour mieux la gérer, pour maintenir ses populations en bon état de conservation et ainsi continuer à parcourir les bois à sa recherche derrière nos compagnons à quatre pattes.

Je souhaite à tous une excellente saison.

Bruno MEUNIER